2025-04-04




















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Roumanie Jeunesse - Jeune et vert
(2008-02-11)
Dernière mise à jour: 2008-02-15 11:09 EET

Jeune et vert. Il suffit de trois jeunes audacieux pour fonder une association écologiste et lutter contre la pollution. Pour leur premier projet, ils sont allés planter des acacias sur une ancienne décharge publique non loin de Bucarest. Aujourd’hui ils nous racontent leur histoire.

A peine entrée en congé de maternité, Simona Cretu s’ennuyait. Pour cet ancien cadre de multinationale, rester femme au foyer et dorloter son bébé n’était pas un choix suffisant. Mais pourquoi l’environnement, Simona ?
“Mon mari, une copine et moi nous avons décidé de créer une association environnementale, parce que la pollution est a atteint des niveaux alarmants et qu’il est triste de regarder la végétation dépérir d’une année à l’autre, surtout les forêts. Qu’est qui nous motive? Je dirais que c’est le sentiment de frustration que nous éprouvons en voyant tous ces terrains défrichés et des quantités énormes de bois transportées par wagons entiers à l’étranger. Il est vrai que l’exportation du bois est profitable pour la Roumanie et que c’est là une matière première très utile, mais l’étendue des forêts a considérablement diminué et les effets en sont évidents: pollution, glissements de terrains, maisons détruites par les inondations. On ne peut pas rester indifférent devant ce désastre écologique qui gagne en ampleur. Et puis, j’ai toujours aimé être utile, surmonter mes frustrations et passer à l’action, faire quelque chose de concret. Voilà les raisons pour lesquelles cette association est née”.

Nom: Terra Ecologica. Objectif: « protéger l’air et l’eau, la forêt et le animaux. Protéger les hommes».
Pourtant, le premier pas est toujours difficile. Après maintes négociations sans résultat avec la préfecture de Bucarest, pour trouver un terrain disponible, Simona a porté ses recherches ailleurs, plus précisément à Pitesti - ville du sud du pays à une centaine de km de Bucarest et important centre industriel. Mais là - pas de chance non plus. Sans perdre l’espoir, Simona a envoyé des mails à toutes des raffineries de la région à la recherche de volontaires. Elle a même essayé d’impliquer des écoles de la capitale dans son initiative. Finalement, elle a trouvé une ancienne décharge publique aux alentours de la localité de Ciorogîrla, non loin de Bucarest. Simona Cretu raconte :
“Le vice maire de la commune a promis d'envoyer des volontaires pour m'aider à planter mes petits d'acacia. Il s’agissait de gens pauvres qui bénéficiaient d'une aide sociale et devaient en échange, faire des travaux d'utilité publique. Malheureusement, la météo nous a été défavorable – il a fait très froid début décembre, il y a eu le vent et la pluie – et les gens ne sont pas venus. Il a donc fallu faire venir de Bucarest des volontaires que nous avons trouvés par Internet. C'est d'ailleurs sur Internet que nous avons aussi fait connaître notre démarche. Nous ne nous sommes pas laissés décourager par le froid et nous avons commencé à planter nos arbrisseaux sur le terrain de l'ancienne décharge publique de Ciorogirla. Notre action a éveillé la curiosité des habitants et nous avons été rejoints par une dizaine d'enfants tziganes. Comme ils provenaient de familles très pauvres, j'ai décidé de récompenser leurs efforts en leur offrant de l'argent, de ma poche évidemment, puisque je n'avais pas trouvé de financement. Le lendemain davantage de gens sont venus nous aider, non seulement des enfants, mais des adultes aussi”.

A première vue, pour planter un arbre il faut avoir : un plant, quelques mètres de sol, de l’eau et une pelle. Pourtant Simona Cretu a découvert qu’en Roumanie, plusieurs autres étapes étaient nécessaires pour faire de cette activité une campagne écologique. Il faut tout d’abord contacter la mairie, ensuite - identifier le domaine public, - c'est-à-dire les terrains dégradés - et obtenir l’approbation du conseil municipal pour utiliser le terrain en question. En fin de compte, si on dispose des moyens financiers nécessaire, tout va de soi. Sinon, c’est bien plus difficile et le projet risque de ne pas être approuvé.

Rappelons que Simona Cretu paye de sa poche toutes ses initiatives. Cela prouve pourtant, que dans le domaine de l’environnement, on peut faire beaucoup de choses avec peu d’argent : «Tout ce que j’ai fait, je l’ai fait de mes propres forces et ressources. Je n’ai pas encore trouvé de financement pour mes projets et je profite de toute occasion pour faire connaître les initiatives de notre association, dans l’espoir de sensibiliser les autres et de trouver de nouveaux partenaires ou volontaires. J’ai participé à de nombreuses rencontres concernant l’environnement. J’ai ainsi eu la surprise de découvrir d’anciens collègues de faculté qui déroulaient aussi des projets dans le domaine. Finalement quelqu’un m’a abordé, pour me parler des 10 hectares disponibles pour y planter une forêt. Il suffit finalement de se décider à faire le premier pas. Si ce premier projet est une réussite, d’autres suivront sans nul doute».

Et en effet, Romulus Bena, un juriste de 25 ans, a suivi l’exemple de Simona et l’a rejointe à Ciorogârla :
“Je voulais réellement m'impliquer dans un projet concernant l'environnement et j'ai décidé d'y aller. J’étais surtout à la recherche de gens ayant les mêmes centres d’intérêts, et ce n’était pas le cas de la plupart de mes amis. Je n'étais jamais allé à Ciorogârla. Ce fut une expérience très agréable; j'en ai été très content. Ce fut finalement une journée de travail: je me suis réveillé très tôt et j'ai planté des arbres jusqu'au soir. Ce ne fut pas facile, mais en fin de journée j'étais extrêmement content d'avoir fait quelque chose de spécial. C'était comme un week-end à la montagne et non pas une dizaine d'heures dans le froid. J'ai tout raconté à mes amis, j'ai réussi à les rendre curieux et ils ont promis de m'accompagner la fois prochaine ».

Romulus Bena explique pourquoi les programmes écologiques, comme celui déroulé par l’association Terra Ecologica, sont si nécessaires pour la capitale roumaine :
« Bucarest fut fondé naguère sur l'emplacement d'une immense forêt. On avait sans doute choisi cet endroit parce il était près d'une source d'eau; mais aussi parce que la forêt le protégeait. Malheureusement, cette forêt de Vlàsia, a pratiquement disparu de nos jours. Or, on ne peut pas se dispenser de la nature, on ne peut pas vivre entourés de béton. Bucarest compte parmi les villes les plus polluées d'Europe et j'avoue que c'est là un facteur de stress. L'idéal serait de faire que la ville soit à nouveau entourée de forêts. Et puis il ne faut pas oublier le côté récréatif: les endroits pour pique-niquer sont de moins en moins nombreux pour les bucarestois. Sans plus parler de la qualité de la vie, car la pollution favorise les maladies respiratoires ».

Romulus a un atout supplémentaire dans son jeu : il a vécu plusieurs années à l’étranger. C’est ce qui explique son ouverture aux problèmes de l’environnement :
« Ceux qui ont voyagé ou vécu à l'étranger ont un avantage par rapport aux Roumains qui n'ont jamais quitté leur pays, parce qu'ils sont plus ouverts au recyclage et aux autres préoccupations écologistes. A ce que j'ai remarqué, les jeunes sont les plus ouverts et souhaitent s'impliquer dans toutes sortes d'initiatives ».

Eh oui, il semble que rien ne peut empêcher les jeunes roumains de poursuivre leurs ambitions. Si beaucoup de femmes ont du mal à concilier famille et travail, pour Simona Cretu, élever un bébé et démarrer une campagne de reboisement des terrains dégradés ne représente pas un effort excessif. En fait ce n’est que le début :
“Un autre projet que nous nous proposons de mettre sur pieds concerne le recyclage. Nous espérons convaincre un hypermarché de Bucarest d’installer un récipient pour collecter les objets en matière plastique. Les gens consomment des quantités énormes d'eau minérale, sans plus parler des jus, et certains aimeraient pouvoir recycler les pets au lieu de les jeter tout simplement à la poubelle. Or, les points de recyclage sont presque inexistants en Roumanie; même dans la capitale. Nous envisageons une campagne de publicité pour sensibiliser les gens en ce sens ”.

Comme vous voyez, Simona est une jeune femme très enthousiaste et pleine d’idées : “On m'a souvent reproché de trop m’impliquer et de me lancer dans plusieurs projets à la fois, mais, à mon avis, il faut le faire, puisqu’il faut conscientiser les gens à propos des problèmes réels de l’environnement. Planter quelques arbres ne suffit pas, c'est infime. Tout le monde devrait se mobiliser et agir concrètement. Et en cherchant, j'ai appris que beaucoup de gens souhaitent s'impliquer, il suffit de leur proposer un travail concret à faire: comme les appeler à planter, par exemple. Nous comptons beaucoup sur les volontaires et se sont toujours des personnes différentes qui arrivent. C'est pourquoi notre association n'a que 3 membres fondateurs. Le reste – ce sont des volontaires”.

En ce début de février, l’association Terra Ecologica a donc entrepris la plantation d’acacias sur 8 hectares, près de Ciorogârla, avec non moins d’une trentaine de volontaires.

En fin de compte, il suffit, semble-t-il, d’avoir une forte motivation pour mener au bout n’importe quel projet. Et comme une hirondelle ne fait pas le printemps, espérons que d’autres personnes suivront le modèle de ces jeunes.

Pour plus de détails et des photos sur ce sujet, visitez le blog de l’association http://terraecologica.ablog.ro.
Ou bien entrez sur :
http://picasaweb.google.combcrazvan/Salcami_1?authkey=fkKBTCer33Y

Valentina Beleavski, Alex Diaconescu

 
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