Après les Pays Baltes, le Portugal et la Slovénie, le 25 septembre 2010, ce fut le tour de la Roumanie de faire le ménage. La campagne « Let’s do it, Romania !» s’est proposée de mobiliser les bénévoles afin de ramasser les tonnes d’ordures que les Roumains jettent dans la nature. Un défi relevé notamment par les jeunes et les plus jeunes des Roumains. Même si la collecte, le recyclage et la gestion des déchets comptent parmi les engagements assumés par le pays devant l’Union Européenne, en fin de compte, sur le terrain, la réalité ne peut être changée que par la contribution de chaque Roumain, affirment les organisateurs de la campagne « Let’s do it, Romania !». Comment s’est passé le grand nettoyage de la Roumanie ? Réponse.

Canettes et bouteilles de bière vides, bouteilles en plastique, vides aussi, couches bébés, ainsi que chaussures, piles électriques, vieux vêtements et des carcasses de télés… C’est ce qu’ont ramassé les 150 mille bénévoles participants à la campagne « Let’s do it, Romania », le plus ample projet d’implication sociale jamais organisé dans ce pays. Les bénévoles ont quitté les grandes villes pour ramasser les ordures que leurs concitoyens ont jetées dans la nature. Et de tels endroits, la Roumanie en abonde puisque dans ce pays le pique-nique accompagné d’un barbecue, c’est un loisir national. Du 1er mai à la Sainte Marie (le 15 août), mais aussi pendant d’autres week-ends, toute occasion est bonne pour quitter la ville entre amis. Qu’est ce qu’il en reste, après ? Eh bien, des tonnes d’emballages, dont la plupart non – biodégradables. La situation ne peut pas perdurer, puisqu’à ce rythme, la Roumanie finira submergée par les détritus, mettent en garde les ONGs vertes.
«Viens nous rejoindre ce 25 septembre pour nettoyer la Roumanie en une seule journée». C’est à l’aide de spots télévisés percutants que fut lancée la campagne «Let’s do it, Romania». Comment est-elle arrivée en Roumanie ? Réponse avec Anamaria Hâncu, responsable de la promotion :
« Letsdoit est un mouvement qui a commencé en Estonie, en 2008, où il a eu beaucoup de succès, mobilisant 50 mille bénévoles qui ont collecté 10 mille tonnes d’ordures. L’idée a été ensuite continuée dans d’autres pays : Lettonie, Lituanie, Portugal et Slovénie, où elle a impliqué un nombre record de bénévoles - 270 mille. En Roumanie, Let’s do it a commencé en septembre 2009, pour devenir ensuite le premier projet national du genre à impliquer autant de forces : autorités centrales et locales, médias nationaux et locaux, entreprises, opérateurs de services de salubrité. C’est aussi une première puisqu’au sein de la communauté «Let’s do it, World», la Roumanie est le plus grand pays à mettre en place ce projet. »
Officiellement, 73.000 bénévoles se sont inscrits sur le site «Let’s do it, Romania !», mais en réalité le nombre des participants a été double. Il s’agit surtout d’élèves et de leurs professeurs, mais aussi de nombreuses entreprises qui ont mobilisé leurs salariés. Selon les organisateurs de «Let’s do it, Romania !», l’objectif a été simple : collecter les tonnes de détritus se trouvant dans les 6500 sites identifiés sur la carte interactive.
RRI s’est elle aussi associée à cette initiative. Valentina et Alexandru se sont inscrits dans l’équipe numéro 1150 et ils se sont rendus dans le village de Gagu, non loin de Bucarest, munis de gants et de sacs en plastique.
Cliquer sur le lien audio pour écouter le reportage sur place.
Bilan à la fin de 5 heures de travail: une centaine de sacs de déchets ramassés par une équipe de 10 personnes sur une distance d’environ 500 mètres. Après une journée de travail, l’enthousiasme des bénévoles a cédé la place à la déception : «Les uns ne peuvent pas nettoyer autant que les autres peuvent salir», constatait avec tristesse une journaliste de GANDUL. Et elle avait raison, car changer les mentalités, ce n’est pas si facile que ça. En fin de compte, « Let’s do it, Romania !» a été un succès. Mais gagner une seule bataille ne suffit pas pour gagner la guerre contre les mauvaises habitudes.
(Reportage: Valentina Beleavski, Alex Diaconescu. Photos: Valentina Beleavski, Romulus Bena)
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