2025-04-04




















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Roumanie Jeunesse - L'Europe des jeunes peintres roumains
(2007-09-21)
Dernière mise à jour: 2008-02-15 11:08 EET
Art rime souvent avec jeunesse. C’est pourquoi, aujourd’hui, nous vous proposons d’entrer dans un univers rempli de couleurs et de sons, de rêves et de poésie. Nous allons nous embarquer sur un bateau d’artistes, partis de Vienne pour arriver en Roumanie.

Expo Eh bien, une idée de l’Odyssée du Danube 2007 (programme européen initié par Richard Martin pour promouvoir l’art et la paix dans la Méditerranée) était de lancer un défi aux jeunes peintres européens, pour qu’ils expriment leur propre vision de l’Europe. 3 étudiants roumains de l’Université Nationale des Arts de Bucarest ont relevé le défi, aux côtés de jeunes Serbes, Slovaques, Hongrois, Bulgares et d’autres âgés de 18 à 28 ans.

4 jours de travail par équipe - ce n’est pas beaucoup, mais le résultat en a été une exposition très originale et très complexe présentée au Théâtre National de Bucarest. Dans le hall du théâtre, une barque géante en bois réalisée à partir des tableaux des jeunes artistes, évidemment, pour ne pas oublier qu’il s’agit d’une croisière sur le Danube.

En regardant les tableaux de différentes équipes, on se rend compte que chaque pays a sa propre vision de l’Europe. Les jeunes slovaques par exemple, l’approchent avec humour, en imaginant une drôle de soupe européenne dont les ingrédients spécifiques sont apportés par chaque pays. Les jeunes Serbes, eux, sont plus rêveurs. Ils ont préféré se cibler sur les symboles du passé de l’Europe, symboles qui font partie de notre histoire et qui nous accompagnent dans la vie de tous les jours. Leurs couleurs sont plus franches et plus foncées. En revanche, l’équipe hongroise a voulu afficher un esprit idéaliste, rêvant d’une Europe, dont les frontières s’estompent, pour former un pays complètement différent.

Amalia Dulhan, Stefan Ungureanu et Radu Burdus sont étudiants en année terminale à l’Université Nationale des Arts de Bucarest.
Si les autres ont travaillé en équipe, les jeunes roumains ont préféré le travail individuel, pour pouvoir ainsi partager plusieurs visions de l’Europe. Par exemple, pour Stefan Ungureanu, l’Europe change constamment, on y ajoute des choses, on en transforme d’autres, c’est une construction perpétuelle. C’est pourquoi il a imaginé une carte du continent, avec au centre, une signalisation de recyclage.

Radu Burdus, lui, a une approche quelque peu différente:
“L’approche de ce tableau est plutôt sincère, un peu sarcastique, un peu triste même. J’ai essayé d’y représenter un personnage qui ne peut rien voir. C’est un symbole de l’homme qui ne comprend pas trop ce qui lui arrive, surtout depuis l’intégration à l’UE. Je crois que chacun de nous a eu ce sentiment au moins une fois. Mais les jeunes sont plus optimistes, car de nouvelles portes se sont ouvertes pour eux et ils peuvent voyager plus facilement. Mais quelque part dans nos cœurs, il y a toujours une partie de cet homme déboussolé ”.

Finalement, Amalia Dulhan a opté pour une création plus abstraite:
“Mon tableau est très, très personnel, j’y ai combiné plusieurs symboles que j’utilise souvent dans mes ouvrages et qui me représentent: la poupée, le chat et la méduse. J’ai voulu montrer que toute chose a un double visage, que des fois les choses ont l’air très belles en surface, mais la réalité est complètement autre. L’arbre symbolise les choses durables, fortes, tout comme l’Europe. Par contre le chat est l’image de l’éphémère, des choses qui passent. Il se trouve en bas du tableau, parce qu’il sera sans cesse remplacé par du nouveau”.

Amalia, Radu et Stefan ont bossé très dur pour cette exposition, mais ils sont convaincus, que l’effort en valait la peine:
“Nous sommes très contents du résultat de notre travail. Et je trouve que nos ouvrages s’intègrent bien dans le paysage général de l’exposition par l’attention accordée aux détails, par le fait que chacun d’entre nous a eu une idée originale et un message qu’il a voulu transmettre. Il est évident que ces tableaux ont été créés dans une partie spéciale de l’Europe”. Comme je vous disais en début d’émission, cette année l’Odyssée de la Méditerranée est devenue l’Odysée du Danube, pour y inclure les nouveaux membres de l’UE, dont la Roumanie. Alors, est-ce que l’entrée dans l’UE apporte de nouvelles perspectives aux jeunes artistes roumains? C’est Radu Burdus qui nous a répondu:
“Premièrement - les échanges culturels. L’exposition d’aujourd’hui en est un exemple. C’est déjà un progrès. Ensuite - la possibilité de voyager. Nous pouvons nous rendre plus facilement à l'étranger et y rencontrer d’autres artistes, travailler ensemble, mettre sur pieds différents projets. C’est une chose dont nous avions vraiment besoin.”

S’affirmer en Roumanie ou ailleurs en Europe? C’est une question à laquelle les étudiants des beaux-arts roumains répondent différemment depuis le 1er janvier 2007. Stefan Ungureanu:
“Désormais, “ailleurs” n’existe plus. Ou, du moins, cette notion ne devrait plus exister. En Roumanie ou ailleurs, c’est déjà pareil, à mon avis”.

Et voilà! Mission accomplie : l’Odyssée du Danube est vraiment parvenue à rapprocher l’Europe centrale de la Méditerranée. Elle a donné entre autres la chance à de jeunes artistes de s’exprimer dans leur domaine préféré: la peinture. Mais, ce qui plus est, elle leur a offert l’occasion de repenser leur place et leur avenir dans une Europe unie.

Un reportage réalisé par Valentina Beleavski et Alex Diaconescu

 
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