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«Street Delivery 2009», rue Arthur Verona, Bucarest |
(2009-06-22) |
Dernière mise à jour: 2009-07-06 12:58 EET |
"On ferme la rue aux voitures et on l'ouvre aux piétons!" Sous ce slogan, la rue Arthur Verona de Bucarest a accueilli pendant 3 jours une soixantaine d'événements censés démontrer à quel point il est nécessaire et bénéfique d'avoir une rue piétonne consacrée à l'art, à la musique, à la libre expression en tout genre. De l’art notamment engagé en faveur d’une capitale plutôt mal-aimée par une partie de ses dirigeants et même par ses habitants, qui mettent en danger – ou ont carrément fait disparaître – nombre de monuments architecturaux de la ville.
Appelé «Street Delivery» - livraison dans la rue - cet événement en est déjà à sa 4e édition et, depuis ses débuts, il a élargi son champ d'activité, alors que le nombre de visiteurs a triplé.
Valentina Beleavski a passé cette rue au peigne fin…
Créateurs d’art contemporain, jeunes poètes, spécialistes en architecture, DJ, associations à caractère culturel, écologique ou social, créateurs de mode et de bijoux non conventionnels, magiciens et comédiens venus des quatre coins du pays – se sont donnés rendez-vous le temps d’un week-end ensoleillé de juin pour se présenter aux Bucarestois et les inviter à les rejoindre dans leurs démarches.
L’édition 2009 de «Street Delivery» s’est déroulée sous le signe de la protection de l’environnement et du recyclage. Comme en témoigne le nombre impressionnant d’associations agissant dans ce domaine qui s’y sont présentées. Que peut-on faire avec des claviers et souris d’ordinateur, canettes de soda, CD cassés et même … des mégots de cigarettes ? De l’art, bien évidemment. C’est le cas de deux jeunes artistes qui ont travaillé pendant deux jours pour faire un collage de matériaux recyclables et de déchets. Pour sa part, Carmen Oprea souhaite apprendre aux gens à fabriquer du papier manuellement :
« On mélange de la pâte de papier dans un pot avec de l’eau, le rapport est de 2 tiers de pâte et 1 tiers d’eau. Puis, on la fait filtrer dans un tamis et on la met sur des chiffons. On les presse à la main, on les détache des tissus et on les met à sécher. Ce n’est pas aussi compliqué qu’il y paraît, en fait le procédé est très simple. Après, chacun peut laisser libre son imagination et décorer ce papier comme il veut : avec des pétales de fleurs ou des grains de riz, faire du papier avec de la moulure de maïs, avec du sable. Une fois apprise la technique, la création n’a pas de limites ».
On peut aussi recycler des vêtements, et c’est là aussi une sorte d’art, estime Madalina Zavoianu, designer pour la firme Kihi – Kiha. Est-ce là le début d’une nouvelle mode ?
« Pourquoi pas ? L’idée c’est de porter un habit plusieurs fois, ne pas le jeter à la poubelle quand il ne va plus, mais le transformer, lui donner un nouveau visage. Il est important de recycler tout, car c’est la manière de prolonger la vie de notre planète».
Dans le même esprit de la protection de l’environnement, les projets de recyclage ont été doublés par des promenades en bicyclette, en skateboard et même en trottinette. Un défi relevé aussi bien par les petits et les grands. De même, les Bucarestois les plus écologistes ont pu adopter un, deux, voire trois arbres et contribuer ainsi à l’amélioration des espaces verts de la ville.
«Street Delivery» 2009 a aussi eu un fort message social. Protection des droits de l’homme, lutte contre la discrimination, violence dans les écoles, solutions pour améliorer la vie en ville, conservation du patrimoine architectural et culturel de la capitale – tous ces sujets et bien d’autres ont été débattus pendant 3 jours, tout le long de la rue Arthur Vérona. Et les visiteurs n’ont pas hésité à exprimer leur avis, constate avec un énorme enthousiasme Cosmin Catana, coordinateur de bénévoles pour la Fondation Ratiu Roumanie :
« On a été très surpris de voir un jeune couple d’accros à la drogue s’exprimer sur nos panneaux. J’ai trouvé fantastique le fait qu’ils aient eu le courage de nous rejoindre et d’écrire sur le panneau. Leur message a été : «ne pas laisser la vie te dicter tes décisions»
Lutte contre la drogue donc, mais aussi contre la discrimination envers les Roms. Un message que les responsables de la campagne gouvernementale SPER (Stop aux Préjugés sur l’Ethnie Rom) ont souhaité transmettre surtout aux plus jeunes visiteurs de la rue Arthur Vérona, en les invitant à dessiner et à s’habiller dans des vêtements spécifiques de la communauté tzigane.
C’est toujours un message social fort mais aussi culturel qu’ont essayé de transmettre «Les Amis de l’Ecole Centrale», une association créée par d’anciens élèves qui n’épargnent aucun effort pour défendre ses intérêts. Lycée francophone de renom et monument d’architecture de première importance, l’Ecole Centrale se trouve juste au bout de la rue Arthur Vérona.
Succès total : «Street Delivery» 2009 a attiré environ 5000 visiteurs par jour, dépassant toutes les attentes des organisateurs, Alina Jijeu et ses collègues de la librairie Carturesti cherchent maintenant des modalités pour organiser plus souvent cet événement :
« Je pense que la plupart des visiteurs - 80%, je dirais - souhaite participer à un tel événement tous les week-ends. Dans la prochaine étape, nous tenterons de ramasser le plus de signatures possible de la part des Bucarestois qui souhaitent que cette expérience se répète plus souvent. Selon nous, Street Delivery ne peut actuellement revenir plus d’une fois tous les 3 ou 4 mois. A long terme, il se peut toutefois que ce projet soit viable avec une fréquence plus soutenue aussi. Mais cela ne peut se faire qu’avec l’appui des Bucarestois. Ce projet n’aurait pas existé sans la détermination des gens de la rue, des citoyens, des piétons ».
D’habitude stressés, pressés et fatigués, les Bucarestois ont pu quitter leurs voitures et prendre une bouffée d’air frais et de culture. Et ils auront l’occasion de le faire à nouveau, car Street Delivery n’est qu’une page d’un programme plus important, appelé «L’homme détruit l’endroit», censé lutter contre l’indifférence des autorités et des habitants à l’égard du patrimoine culturel de la capitale. (Valentina Beleavski)
Effectivement, «Street Delivery» entendait également faire mieux connaître aux Bucarestois le patrimoine architectural disséminé dans les environs de la rue Arthur Verona. Plusieurs immeubles monuments pourraient y être démolis prochainement ou se retrouver écrasés entre des immeubles de bureaux. Dans le cadre de la campagne « l’homme détruit le lieu » du Ministère roumain de la culture, «Street Delivery» a justement été suivi par le lancement d’un premier volume de ce que sera le « Livre noir du patrimoine » en Roumanie, dont nous reparlerons prochainement.
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