2025-04-04




















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« Blanche Neige » haute couture à Bucarest
(2008-11-27)
Dernière mise à jour: 2009-02-11 12:29 EET
affiche « Blanche neige »26 danseurs, costumes griffés mais aussi exploration de l’inconscient. “Blanche Neige” n’est plus seulement le conte de fées que tout le monde connaît. Angelin Preljocaj, un des poids lourds de la chorégraphie contemporaine, offre au public une version non conformiste de la jeune fille la plus pure de l’univers enfantin. Un spectacle dans lequel tout le monde se retrouve, depuis les petits innocents aux adultes philosophes ardus. Le dernier Preljocaj encensé mais aussi attaqué par la critique est actuellement en tournée à Bucarest. Un reportage d'Andrei Popov.

Blanche Neige et Gustav Mahler. C’est Angelin Preljocaj qui ose ce rapprochement, qui aurait pu donner des maux de tête à Walt Disney. D’ailleurs, la dernière production du fameux chorégraphe franco-albanais entend justement prendre ses distances par rapport au mythe cinématographique américain, même si elle s’offre de temps en temps le plaisir de quelques citations.
La « Blanche Neige » d’Angelin Preljocaj ne s’adresse pas seulement à un « public jeune », mais au public tout court. Celui-ci se voit ramener aux sources, à l’histoire originale des frères Grimm, explique Didier Montagné, directeur adjoint de l’Institut Français de Bucarest, un des principaux organisateurs de cette tournée roumaine.

Emouvoir, mais pas n’importe comment. Angelin Preljocaj choisit « Blanche Neige » parce que c’est le conte qui « relève le plus de l’improbable, du funambulisme », le conte « le plus casse-gueule », comme il dit. Ceux qui ne se contentent pas du premier degré y trouvent largement leur compte. Le chorégraphe truffe son spectacle de références à « La Psychanalyse des contes de fées » de Bruno Bettelheim. De ce fait, les nains de Preljocaj ne sont pas des nains, mais des moines, évidemment dépourvus de toute trace de sexualité. C’est ainsi que l’on percevait également les nains à l’époque des frères Grimm. Effectivement, une lecture différente du séjour de Blanche Neige chez les sept petits mineurs de la forêt aurait tout de suite fait sortir cette histoire de la chambre des enfants depuis longtemps…
Cette rencontre du conte de fées avec la danse et l’investigation de l’inconscient aboutit à un « ballet romantique contemporain », plutôt inclassable, selon Nagisa Shirai, la Blanche Neige d’origine japonaise d’Angelin Preljocaj.


« J’avais envie de réenchanter ma danse », affirmait le directeur du Centre chorégraphique national d’Aix-en-Provence, un des chorégraphes contemporains les mieux cotés du moment. Toutefois, Angelin Preljocaj ne s’arrête pas aux voltiges savantes… Fini les tee-shirts et les shorts – Blanche Neige et sa suite de 26 danseurs s’habillent ni plus ni moins qu’en Jean-Paul Gaultier. Séduit par le projet, le créateur cultissime a conçu les costumes à titre gracieux.
Ce n’est pas parce que le spectacle avait l’air d’une cendrillon, bien au contraire. A part les habits d’apparat, qui font un clin d’œil au « Cinquième élément » de Luc Besson, la production s’est donné les grands moyens – 700 mille euros. Décors, costumes, personnages, scénario – même si elle reconsidère l’histoire classique, la « Blanche Neige » renoue tout de même avec la tradition des grands ballets narratifs. A l’instar de ses camarades, dans ses habits de prince, Sergio Diaz a été amené à interroger sa condition de danseur contemporain.

Le torse nu, allongée sur un lit de pommes sanguinolentes – à l’affiche du spectacle, Blanche Neige est loin de l’image traditionnelle que l’on se fait d’elle, vêtue de sa pudique robe de princesse. Un personnage ni ancien ni nouveau mais différent, que la danseuse Nagisa Shirai a dû apprivoiser.

Du pur « enchantement », mais aussi un ballet sans « un semblant d’émotion » - depuis sa création pour la Biennale de la Danse de Lyon, en septembre dernier, la « Blanche Neige » d’Angelin Preljocaj est aussi bien couverte de louanges qu’éreintée par la critique. Une image d’insoumise qui a précédé son arrivée à Bucarest, deuxième destination après Prague de la longue tournée européenne que le Ballet Preljocaj vient d’entamer, selon Didier Montagné, le programmateur de l’Institut Français de Bucarest.

Jusqu’en juillet 2009, le conte haute couture d’Angelin Preljocaj voyage. Les grandes villes françaises mais aussi le Portugal, l’Espagne, l’Allemagne, l’Italie et les Etats-Unis devraient croquer dans la pomme sanguinolente de la marâtre. Effet Blanche Neige à suivre ! (Ligia Mihaiescu, Andrei Popov)

Vous avez encore le temps de vous rendre à Bucarest non seulement pour visiter la capitale roumaine mais aussi pour assister au spectacle. “Blanche Neige” est au Théâtre National les 28, 29 et 30 décembre. Vous pouvez vous renseigner sur le reste des dates de la tournée du Ballet Preljocaj sur www.preljocaj.org (Andrei Popov)
 
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