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Le projet STAGIUNEA |
(2008-10-22) |
Dernière mise à jour: 2009-02-11 12:29 EET |
Les bouchons bloquaient une fois de plus, ce week-end, Calea Victoriei – l’Avenue de la Victoire – la principale artère du vieux Bucarest. Immobilisés dans le trafic, les conducteurs pouvaient toutefois passer leur temps d’une manière plus agréable. Sur une vingtaine d’écrans plasma géants, les théâtres de la capitale présentaient aux passants leurs collections de spectacles pour la saison automne-hiver-printemps 2008-2009. Le projet « Stagiunea » - la saison - est un format original en Europe, non seulement grâce à son contenu. Il a été imaginé par une fondation privée, « All Concept », sans le soutien des pouvoirs locaux, alors que la quasi-totalité des théâtres bucarestois est subventionnée par l’Etat. Voici les explications de Valentina Beleavski.
Trois coups – non de bâton mais de gong – et le spectacle commence. Depuis deux ans, à la mis octobre, la saison théâtrale bucarestoise est officiellement lancée par une exposition de spectacles dans la rue. Et ce n’est ni un comédien, ni un metteur en scène qui la conçoit. George Bodocan est un graphiste qui n’est jamais monté sur scène. Las de chercher à tout vent des informations sur le répertoire des théâtres de la capitale roumaine, ce spectateur passionné se décide d’en réaliser lui-même un guide complet. C’est ainsi qu’apparaît le projet « Stagiunea » - la saison, affirme George Bodocan :
« C’est un guide des théâtres présenté sous différentes formes – vidéo et audio, sur une vingtaine d’écrans plasma, une brochure, et des extraits de spectacles présentés par des comédiens ici même, devant les passants. C’est pour la première fois que les théâtres bucarestois participent tous à un événement commun. »
Effectivement, toutes ces institutions ont oublié leurs rivalités aussi parce que cette exposition se déroule sur un terrain neutre, devant un hôtel à l’architecture insolite. Situé au cœur du vieux Bucarest, il a été érigé au même endroit où se trouvait jadis le premier théâtre national roumain, détruit par un bombardement en 1944. Aujourd’hui, l’architecture de l’entrée de cet hôtel reproduit grandeur nature la façade baroque du feu établissement.
C’est dans ce décor que George Bodocan a planté 19 grands écrans plasma – un pour chaque théâtre bucarestois – sur lesquels défilent en boucle des extraits du répertoire de la saison en cours. Les futurs spectateurs croisent également des personnages en costumes d’époque, qui viennent de descendre des planches. Enfin, on peut rencontrer des comédiens, lors de sessions de questions-réponses, après des impromptus accueillis par un petit amphithéâtre, dans la proximité de l’hôtel.
Le public et les médias s’y pressent. Toutefois, les représentants des pouvoirs locaux et du ministère de la culture ont préféré ne pas se montrer ni s’impliquer dans l’organisation du projet « Stagiunea ». Cependant, ces institutions chapeautent financièrement presque tous les théâtres bucarestois, les compagnies privées se comptant sur les doigts d’une seule main. La situation étonne George Bodocan, qui affirme s’être vu maintes fois claquer la porte au nez :
« On m’a demandé pourquoi moi, un artiste plasticien, j’ai mis sur pied un tel projet… On m’avait également averti que ça allait être difficile. A vrai dire, ni les théâtres subventionnés par l’Etat, ni ceux privés, n’ont eu de contribution financière ; ils nous ont aidé avec ce qu’ils ont pu – c’est-à-dire les matériels promotionnels. Aucun sou de l’argent public ne soutient d’ailleurs ce projet, qui semble, pour le moment, ne pas vraiment intéresser les administrations centrale et locale. J’espère que le succès de cette année montrera à nos dirigeants que ce projet est réalisé dans l’intérêt des théâtres et du public, de la communauté locale en général. »
« Depuis 80 ans, nous parlons sérieusement » - affirme le slogan de la campagne anniversaire de Radio Roumanie. Effectivement, la radio publique roumaine est non seulement leader d’audience des stations locales, mais aussi le plus important producteur de théâtre du pays. Avec un département spécialisé – le Théâtre National Radiophonique – une première toutes les semaines et le plus grand nombre de spectateurs du pays, la Société Roumaine de Radiodiffusion n’est pourtant pas perçue comme un des majors du secteur. Donner un peu plus de visibilité à sa production dramatique, inviter public et créateurs de théâtre à se pencher davantage sur le texte que sur l’image – c’est pour ces raisons que Radio Roumanie s’est joint au projet « Stagiunea », comme co-producteur, a expliqué Mme Maria Toghina, PDG de l’institution :
« Radio Roumanie s’est naturellement associée à ce projet, car le plus grand théâtre de Roumanie, sa plus vaste scène est le Théâtre National Radiophonique. Dans quelques jours nous allons fêter les 80 ans d’existence de la Société Roumaine de Radiodiffusion. En même temps, depuis 79 ans, les Roumains ont accès à la grande dramaturgie universelle et nationale en écoutant nos programmes qui lui sont dédiés. On envisage généralement le théâtre comme un art visuel. Mais le théâtre sans paroles n’est que de l’émotion. Enrichi de mots, le théâtre est l’art le plus complet auquel l’être humain peut accéder, dans cette société contemporaine où les difficultés quotidiennes nous font oublier ce que veut dire une réelle communication. »
Conforté par un tel appui, George Bodocan est décidé de faire la sourde oreille aux difficultés et voit déjà les choses en grand. Il envisage d’inviter dans « Stagiunea » les théâtres d’autres grandes villes roumaines, mais surtout d’acheminer le projet en Europe :
« Sans fausse modestie, un projet similaire n’existe nulle part ailleurs sur notre continent. Nous sommes en train de réfléchir à l’élargissement du projet à d’autres capitales européennes. Nous pensons le décliner en fonction des besoins et des attentes du public et des théâtres de ces villes. Ce n’est pas tout. Nous voulons également exporter les clips vidéo promotionnels que nous avons réalisés dans le cadre de « Stagiunea ». C’est pourquoi nous envisageons une coopération avec les instituts culturels roumains pour promouvoir le théâtre roumain en Europe. C’est un produit de grande qualité et ce serait dommage qu’il reste enfermé dans un tiroir, alors que nous avons besoin d’une plus grande visibilité à l’étranger ».
Effectivement, les Européens curieux n’étaient pas rares parmi les écrans plasma, installés ce week-end sur Calea Victoriei. Parmi eux, les comédiens venus participer au principal rendez-vous théâtral du Vieux Continent – le Festival de l’Union des Théâtres de l’Europe, qui est accueilli jusqu’à la fin décembre par la capitale Bucarest et la ville de Cluj, dans le centre-ouest de la Roumanie.
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