2025-04-04




















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PAROLES JEUNES - Une journée à l'Académie de Police de Bucarest
(2008-05-20)
Dernière mise à jour: 2009-02-11 12:28 EET
Le réveil est à 6 heures, l’appel de présence - à 7h30, sept étudiants doivent partager un dortoir, les permissions sont rares et dépendent des résultats aux examens, mais tout cet effort vaut la peine pour avoir un boulot garanti à la fin des 4 années de faculté. Voici quelques aspects de la vie d’un étudiant à l’Académie de Police “Alexandru Ioan Cuza” de la Capitale roumaine. Afin d’accéder à l’Académie, les candidats doivent faire preuve de capacités psychiques et physiques à part, comme nous l’explique Mihai Badescu, vice-président de l’Académie de Police :
“Les principales exigences se retrouvent dans les conditions d’admission: le candidat doit avoir le bac, pas de casier judiciaire et un comportement exemplaire pendant les années de lycée, il doit être citoyen roumain. Il doit passer les épreuves éliminatoires, concours physique et test physiologique, l’examen médical et les examens écrits, selon les critères de la faculté où il souhaite s’inscrire. Pour la faculté de police, la plus grande de l’académie, il faut passer trois épreuves théoriques : grammaire roumaine, histoire et une langue étrangère au choix - entre Anglais, Français, Allemand ou Russe”.

Précisons que l’Académie de Police est une des quelques institutions d’enseignement supérieur où la langue russe est non seulement étudiée mais constitue encore un atout pour être admis.

La concurrence à l’examen d’admission est depuis plusieurs années constante, se chiffrant à 7-8 candidats pour une place dans les trois facultés de l’Académie : la faculté de police, avec ses sections « police », « police des frontières », « gendarmerie » et « pénitentiaires », la faculté de pompiers et celle d’archivistique.

Mais pourquoi l’académie de police attire-t-elle un si grand nombre de candidats ?
Eh bien, l’Académie de Police offre de nombreuses facilités à ses étudiants: l’enseignement est gratuit, les uniformes aussi et les étudiants bénéficient d’hébergement, repas et transport gratuit pendant les vacances :
“La plus importante réussite a été la croissance des performances universitaires d’une année à l’autre. Nous formons deux types d’attitudes : compétences professionnelles et comportements humains. Nous formons aussi la personnalité des jeunes, prochains agents de police, gendarmes, cadres de la police des frontières, pompiers et archivistes du ministère de l’intérieur”, s’enorgueillit Mihai Badescu, vice président de l’Académie.

Mais les projets de l’institution ne s’arrêtent pas là: son programme sera complété par des cours consacrés aux cadres du ministère mais aussi aux civils et qui viseront des aspects de la sécurité et de l’ordre public, amélioration permanente du climat d’ordre du citoyen, du contribuable. Plus encore, bientôt il y aura aussi un collège national des affaires intérieures, comme il y en a déjà un auprès du ministère de la défense.

Etre étudiant de l’Académie de Police n’est pas chose facile. Certains jeunes ne peuvent pas faire face aux exigences. En 2007 par exemple, 12 personnes ont dû quitter la faculté en raison des examens ratés.

Mais ceux qui s’adaptent à ce style de vie tout à fait spécial par rapport aux autres étudiants ont la chance de se faire remarquer pendant les années d’études en participant à toute sorte d’événements, comme l’organisation du sommet de l’OTAN par exemple, qui s’est tenu à Bucarest du 2 au 4 avril dernier. A cette occasion, l’Académie de Police a contribué elle aussi à assurer la sécurité, mais elle a également fourni des officiers de liaison, qui ont accompagné les délégations officielles. “Nos étudiants ont accompli leur mission et les organisateurs du sommet ont été très contents d’eux », se souvient Mihai Badescu, très fier de ses étudiants. A son avis, le principal but de ces activités est de rapprocher les agents de police des citoyens:
“Hormis les cours théoriques, l’académie propose aussi des stages pratiques, au cours desquels l’étudiant remplit des missions aux côtés de l’agent de police. L’été dernier, nos étudiants ont fait des stages pratiques sur le littoral roumain de la Mer Noire. Il est très important qu’ils soient impliqués dans les réalités de la rue parce que c’est dans les rues qu’ils rempliront des missions en sortant de l’académie. Nous ne voulons pas former des policiers pour les labos de recherche”.

On a vu ce que l’Académie de Police propose aux jeunes de Roumanie. Voyons maintenant pourquoi les futurs étudiants s’orientent vers cette profession.

Carmen est étudiante en 3e année, spécialisation “police des frontières”. Elle a fait ce choix pour avoir un métier à part, mais aussi pour montrer que les femmes s’y connaissent aussi:
“A mon avis, la police des frontières est différente de la police tout court, qui assure l’ordre public et que l’on voit dans les rues. La police des frontières s’occupe d’infractions spécifiques. Il faut vérifier des passeports et découvrir des documents faux. Je me suis dit que ça devrait être captivant. J’ai fait ce choix aussi en raison du fait que les filles sont plus ambitieuses, elles ont été nombreuses à réussir à l’examen d’admission à l’académie et à l’heure actuelle, il y a plus de femmes qui souhaitent devenir cadres de la police des frontières. Puis, pour être réalistes, la gendarmerie et les pénitentiaires ne sont pas des endroits pour des jeunes femmes”.

En effet, sur les 1970 étudiants de l’Académie de Police, 463 sont des jeunes filles. Toutefois, certaines d’entre elles trouvent que ce n’est pas un métier pour les femmes. C’est le cas de Anca, future policière des frontières interviewée par le quotidien Evenimentul Zilei, qui avoue que: “En réalité, ce travail est complètement différent de ce que je me suis imaginé. Je n’avais pas pensé que je devrais parcourir la frontière par -20 degrés, dans un tout petit village du bout du monde, où il n’y a que deux maisons”. La jeune Anca s’est pourtant consolée à l’idée qu’elle aura un emploi assuré à la fin de sa 4e année d’études.

Eh oui, ce n’est pas si facile que ça, paraît-il, mais les lycéens qui aspirent à l’Académie de Police ne savent pas ce qui les attend une fois admis: beaucoup d’efforts intellectuels - car la permission de sortir du campus est obtenue en fonction des notes, beaucoup d’efforts physiques aussi - puisque les épreuves sportives et les entraînements sont très longs et très durs. A cela s’ajoutent la discipline et le travail, parce qu’ils devront éplucher eux-mêmes les légumes, faire la vaisselle et nettoyer leurs chambres. Mais avant d’affronter cette réalité plutôt dure, au moins trois centaines de jeunes continuent de rêver d’être admis à l’Académie de Police. C’est le cas, par exemple, de Cristina de Bucarest :
« Ce domaine me passionne depuis mon enfance, les lois, le droit et l’académie me paraît une opportunité intéressante, mais assez difficile, maintenant j’attends l’admission, et j’espère que tout ira bien. Les conditions d’admission sont difficiles, mais elles ne sont pas insurmontables si on a une formation solide. La condition physique est très importante, car c’est le premier pas à franchir dans l’Académie, et il faut s’entraîner rigoureusement. Je me prépare pour l’examen d’admission depuis 6 mois. En cas d’échec là, j’essaierai d’entrer à la faculté de droit”.

David est venu de Pitesti, département d’Arges, pour s’intéresser à l’offre éducationnelle de l’Académie de Police :
“J’aime l’ordre, l’autorité et je crois que ce métier serait bon pour moi. J’aimerais devenir criminaliste, mais ça me semble difficile. Je suis élève en 3e année de lycée (1ère). L’année prochaine je compte me préparer plus assidûment aux matières de l’examen d’admission : histoire, Anglais, Roumain, mais aussi au sport. Ma condition physique est bonne, mais j’ai encore beaucoup à travailler là-dessous.”

Bogdan est lui aussi venu de province, plus précisément de la ville de Baicoi, département de Prahova, pour s’intéresser à l’examen d’admission :
“Les épreuves nécessitent une préparation préalable. Pourtant, il y a quelques inadvertances : par exemple l’histoire compte parmi les sujets d’examen mais elle n’est plus étudiée à l’académie. Ceux qui souhaitent étudier à l’académie doivent se préparer pendant toute une année avant de participer à l’admission. L’épreuve sportive n’est pas tellement difficile, pourtant, les examens écrits peuvent poser problème. En cas d’échec il y a aussi d’autres options, comme par exemple l’école d’agents de police de Câmpina”.

Sachez aussi qu’en Roumanie, hormis l’Académie de Bucarest, il y a deux écoles d’agents de police : l’une à Câmpina et l’autre à Cluj, donc les jeunes qui ne passent pas l’admission à l’Académie ont encore une chance de compter parmi les membres de la police roumaine.

En fin de compte, chacun d’entre nous est à la recherche d’un avenir sûr et stable, c’est ce que la Police, la Gendarmerie et les Pompiers offrent à leurs futurs employés… à condition d’assumer aussi les risques du métier.

Valentina Beleavski, Alex Diaconescu
 
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