2025-04-04




















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PAROLES JEUNES - Bijoux de fantaisie
(2008-03-21)
Dernière mise à jour: 2009-02-11 12:28 EET
Bonjour à toutes et à tous ! Tout d’abord – quelques explications. Oui, c’est la première édition d’une nouvelle rubrique sur RRI. En fait, à compter de cette semaine la rubrique Roumanie Jeunesse change de look et de nom – ce programme qui vous fait découvrir la vie des jeunes de notre pays s’appellera désormais « Paroles Jeunes » et sera animé par, moi, Valentina et par Alexandru. Restez donc à l’écoute pour découvrir le nouveau visage et le nouveau son de la jeunesse roumaine.

Chers amis, aujourd’hui nous allons parler bijoux, ou plutôt accessoires. Pourtant, il ne s’agit pas de bijoux quelconques, et même pas de bijoux classiques, mais d’un courant tout à fait nouveau sur le marché roumain – des accessoires non conventionnels, créés par les jeunes pour les jeunes.

En fait, l’histoire des étudiants roumains créateurs de mode est assez ancienne. Il y a une vingtaine d’années, la pénurie d’objets de consommation courante a mené beaucoup d’étudiants roumains à confectionner eux-mêmes des accessoires et des vêtements à la mode. A l’époque, les chambres des campus étaient de véritables ateliers de couture et d’orfèvrerie. Même si la société de consommation est apparue aussi en Roumanie, de nos jours encore il y a des jeunes qui s’opposent aux courants ou qui veulent tout simplement être différents. La mode des bijoux uniques et surtout bon marché est de plus en plus répandue parmi les jeunes non-conformistes de Roumanie.

Andreea Vaduva A 21 ans, Andreea Văduva gère déjà sa petite affaire : elle crée et vend des bijoux fantaisie. Depuis ses débuts sur le marché, elle est de plus en plus connue parmi les fans des accessoires hors du commun. D’ailleurs, ses créations ont eu un si grand succès qu’Andreea obtient un beau profit, et peut ainsi couvrir toutes ses dépenses mensuelles: loyer, charges, factures, argent de poche, nourriture.

Bijoux faits de morceaux de citron séché et cuivre ©Andreea Văduva Tout a commencé en novembre 2006, lorsque Andreea était en deuxième année de fac. Jusque-là elle avait travaillé dans un « call center », mais ce genre de boulot ne lui a pas plu, parce qu’elle devait faire la même chose tous les jours. C’est pourquoi elle s’est décidée de transformer son hobby - les bijoux - en une petite affaire. Ainsi est né Biba Bijoux :
« Lorsqu'on entend le mot bijou on pense aux simples parures en or ou argent, que les femmes portent depuis l'antiquité et même la préhistoire. Mais un bijou c'est plus que ça, il doit inclure une idée, pour que chacun puisse l’interpréter d'une manière différente du classique, soit de la simple chaîne en métal précieux”, explique Andreea.

Bijoux faits de noix et cuivre ©Andreea Văduva Pour donner vie à ses petits joyaux, Andreea emploie différentes combinaisons de matériaux inédits, utilisés dans d'autres domaines que la mode. Il est très facile de trouver les matériaux, parce qu’ils sont non conventionnels et à la portée de tout le monde: plantes, peaux d'orange, cannelle, cuivre, pâte de modelage et autres. Andreea les procure sur Internet ou dans les magasins destinés aux peintres et aux architectes.

Bref, le bijou - concept doit avoir une idée initiale claire, une thématique. « C'est bien plus que confectionner et vendre une centaine de bijoux de série », estime-t-elle. Andreea puise son inspiration dans l’histoire de différentes civilisations et passe son temps à inventer boucles d’oreilles; broches; colliers; bracelets - tout ce qui est accessoires, sauf sacs à main et chaussures. “On peut faire des choses infinies avec ses propres mains: décorer les chaussures, faire toute sorte d’objets décoratifs », s’enthousiasme la jeune fille. Mais qui s’intéresse à ses bijoux ? :
« Les premières clientes ont été mes collègues de la fac. Puis j’ai participé à une exposition avec vente dans un café de Bucarest, où mes bijoux ont attiré l’attention des gens de tous âges, allant des enfants de 5 ans jusqu’aux femmes de 70 ans. Toutes les femmes peuvent donc porter ces bijoux; toutes celles qui s’y retrouvent. Il existe, bien sûr, des gens pour lesquels les seuls bijoux véritables sont en or - mais c’est leur choix à eux. Moi, je m’adresse aux autres, aux femmes qui aiment l’inédit, qui cherchent un type différent d’accessoires ».

Bijoux ©Andreea Văduva Andreea Văduva n’est pas la seule étudiante qui confectionne de tels accessoires - il existe en fait une véritable communauté de créateurs d’objets inédits :
« C’est un phénomène qui gagne beaucoup en ampleur. Il y a deux ans, les boucles d’oreilles uniques manufacture étaient presque inexistantes ou très rares en tout cas. A l’époque, en Roumanie, il n’y avait que des bijoux de série ou en métaux précieux. Je n’ai pas peur de la concurrence, mais je veux être au courant de tout ce qui se passe dans mon domaine, pour ne pas vendre les mêmes produits. Je connais une cinquantaine de créateurs comme moi. Mais ils sont certainement beaucoup plus nombreux. Je ne les connais pas personnellement, mais j’ai trouvé leurs blogs sur Internet et nous communiquons souvent par courrier électronique. La plupart sont de Bucarest. C’est pourquoi j’essaie de me détacher de la mode et apporter toujours quelque chose de nouveau ».

Bijoux faits de morceaux de cannelle et cuivre ©Andreea Văduva Eh oui, il semble que Andreea soit une jeune femme non-conformiste de tous les points de vue. Elle veut à tout prix que ses produits soient uniques et ne veut pas suivre le courant qui s’impose dans ce domaine. Elle veut rester «une fille pas comme mes autres» :
« J’essaie de créer quelque chose qui ne puisse pas être imité. Parce qu’en Roumanie, un système, une fois apparu, reste le même. On a l’habitude de dire “moi aussi je peux faire cela” et non pas “moi, je peux faire mieux”. Ainsi arrive-t-on à copier les autres et c’est pourquoi, moi, j’essaie à chaque fois de créer quelque chose d’original. Avant de lancer mon blog et mes premiers produits, je me suis très bien informée, j’ai consulté tous les sites pour voir si quelqu’un d’autre n’avait pas eu la même idée. J’ai ainsi découvert que la cannelle était utilisée dans la fabrication de bijoux quelque part aux Etats-Unis, et le cuivre - par une jeune créatrice de Roumanie. Bien sûr, après moi, d’autres créateurs ont commencé à confectionner des bijoux à l’aide de la cannelle ou d’oranges séchées».

La collection Filmstrip ©Andreea Văduva Et à propos d’idées originales, sachez que la plus récente collection signée Andreea Văduva s’appelle Filmstrip. Elle a été réalisée à partir de plusieurs images sépia de la revue roumaine Cinema de 1938. Chaque série de bijoux est consacrée à un certain film de l’époque. Donc ne soyez pas étonnés si vous voyez Shirley Temple, Greta Garbo, Marlene Dietrich, Errol Flynn, ou encore Olivia de Havilland « accompagnant » des jeunes filles de Bucarest. Succès total une fois de plus : presque toute la collection a été vendue deux semaines après son lancement.

Bijoux ©Andreea Văduva A 21 ans, Andreea a tout l’avenir devant elle et un nombre infini de possibilités de poursuivre son activité. Voyons concrètement, quelles sont les options qui s’affichent devant une jeune créatrice comme Andreea à la fin de ses études en lettres:
« J’ai deux possibilités de continuer mes études: l’architecture ou les beaux arts. Mais les choses sont un peu plus compliquées: pour étudier le design d’objets il faut tout d’abord faire deux années de leçons privées de dessin pour passer l’examen d’admission à la fac, qui dure 6 ans. Ou bien, je pourrais m’inscrire à l’académie des beaux arts, à la section céramique, métal, bois. L’architecture serait le meilleur choix, mais je devrais attendre encore 8 ans avant de me consacrer entièrement à la création de bijoux. A part la faculté, d’autres cours dans ce domaine sont plutôt difficiles à trouver».

Bijoux faits de plantes et cuivre ©Andreea Văduva Pour l’instant, Andreea Văduva a toutes les raisons de rester optimiste, en fin de compte à 21 ans elle peut gagner l’argent dont elle a besoin en faisant ce qu’elle aime le plus :
« J’ai hâte de sortir la faculté, pour pouvoir me consacrer entièrement à cette passion. Je veux faire encore plus de bijoux, collaborer avec d’autres jeunes créateurs de mode. C’est, d’ailleurs, une affaire très profitable. Je gagne déjà très bien, et ce sera encore mieux au moment où la production sera encore plus grande. Et puis, c’est une satisfaction immense que de travailler pour soi-même; être son propre chef. Vendre les choses que vous avez confectionnées toute seule et voir la réaction des gens - cela me rend tellement heureuse. Même si parfois on gagne moins, cela vaut toujours la peine. Un autre avantage - je travaille quand je veux. Personne ne m’impose des limites ou des délais. Par exemple je ne travaille pas pendant la session d’examens. Je ne veux pas négliger mes études. En ce moment j’ai tellement d’idées et je suis très impatiente de les mettre toutes en pratique. Donc, je n’ai pas peur de tomber en panne d’idées»., s’exclame Andreea, le sourire aux lèvres.

Andreea Vaduva et Valentina Beleavski En fin de compte, il semble que n’importe qui peut créer sa propre affaire. Apparemment, il suffit d’avoir plein d’idées et des ressources minimes pour transformer un rêve en réalité. D’ailleurs, c’est là un autre courant très à la mode parmi les jeunes de Roumanie : gagner sa vie en faisant ce que l’on aime le plus, quel que soit le domaine.

Sur ce, nos Paroles Jeunes d’aujourd’hui touchent à leur fin. Prochain rendez-vous – d’ici deux semaines. Entre temps vous pouvez naviguer sur Internet et découvrir les plus récentes créations de Andreea Văduva. Entrez sur www.rri.ro, rubrique « Nos émissions en images », ou bien sur le blog d’Andreea « cerceiunici.blogspot.com ». A très bientôt.

Valentina Beleavski, Alex Diaconescu

 
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